2017 Afrique, regards croisés

Afrique, regards croisés
Exposition Jean Rouch / Catherine de Clippel

14 Novembre 2017 au 26 janvier 2018, Galerie de la Scam, Paris

Cette exposition est organisée à l’occasion du centenaire de la naissance de Jean Rouch. En 1978, Jean Rouch avait conçu les Regards Comparés, qui consistaient à confronter des films réalisés, sur un sujet semblable, à différentes époques et par des voyageurs, des cinéastes, des reporters ou des anthropologues. C’est dans cet esprit que l’exposition propose ces Regards photographiques croisés qui ont pour eux un argument majeur : la qualité exceptionnelle des images réalisées par deux photographescinéastes, Jean Rouch et Catherine De Clippel à quelques décennies de distance, sur des sujets comparables et dans des régions contiguës de l’Afrique occidentale. Bien sûr, les itinéraires biographiques sont très différents. Jean Rouch est né près d’un quart de siècle avant Catherine De Clippel et c’est un immortel du cinéma. Elle n’a pas vécu une telle épopée, mais son oeuvre photographique s’étend sur plus de trente ans et c’est sous l’influence directe de Jean Rouch qu’en 1980, avec Jean-Paul Colleyn, elle entreprit d’immortaliser l’expérience de terrain par le film et la photo. Jean Rouch et Catherine De Clippel, qui travaillent tous deux en forte empathie avec leurs hôtes, disposent d’une immense collection de photos « africaines » et préfèrent tous deux le noir et blanc qui fait, mieux que la couleur, surgir la lumière. Jean Rouch a été le précurseur d’un courant qui n’oppose pas recherche plastique et rigueur ethnographique, et dans lequel s’inscrit le travail de Catherine De Clippel. Ces photographies s’imposent parce qu’elles sont animées de l’intérieur ; leur énergie sort des gens et des lieux, non de leur transformation en symboles ou en manières esthétisantes. Les mêmes thèmes se sont imposés aux photographes : les rituels et les cultes de possession, la modernité, la mort et la chasse, toutes les manifestations qui animaient la vie villageoise et citadine. Ces photographies n’ont pas pour but de communiquer des valeurs imposées de l’extérieur mais plutôt d’exprimer l’énergie des gens eux-mêmes dans le cours de leur vie : elles sont une marque de respect.
Jean-Paul Colleyn